Ecole de yoga de Mysore

Prānāyāmah

Salle Mysore, le mercredi de 7h45 à 9h15 | Enseignante : Annick

Le Prânâyâma est bien plus que des « exercices respiratoires ». Mircéa Eliade a dit que le Prânâyâma est « une entrée calme et lucide dans l’essence même de la vie ». Il est possible d’évoquer des espaces où la focalisation de l’attention et la disponibilité étant établies, chaque mouvement respiratoire ouvre des perspectives spatiales et temporelles inattendues.

Explorer le Prânâyâma à la découverte du Prāna… flux vital, énergie de l’êtreté

La notion de Prāna est courante dans la littérature de l’Inde depuis plus de 3000 ans, comme principe essentiel sous-jacent à toute forme de vie et aussi comme symbole le plus commun de l’unité de l’univers.
La Prashna Upanishad fait dire au Prāna : « C’est moi qui empêche cette créature de se désintégrer, car je la soutiens en me divisant en cinq souffles vitaux. »
Les pratiques de Prânâyâma sont aussi rependues depuis longtemps dans les traditions Hindou, comme par exemple dans les rituels matinaux de « saluer le soleil » ou d’allumer le feu de la cuisine. Prânâyâma signifiera alors étendre (-yāma), son principe essentiel (Prāna) vers le Créateur.
Le sens du mot Prânâyâma, et les pratiques qui en découlent, a varié selon les périodes.
Il peut être :
– le cheminement du Prāna vers sa source, avec ces anciens rituels, les pratiques mentales et respiratoires associées.
– la synchronisation du Prāna « personnel » avec le Prāna universel, avec la maitrise des fonctions physiologiques, associée d’autres pratiques (concentrations, Mantra..) et des variations du rythme respiratoire.
– l’immobilisation du Prāna, et l’exploration d’un état qui transcende les mouvements respiratoires : « Plus de souffle du tout, le Yogi vogue dans la pure conscience sur les ailes du Cygne céleste et légendaire (Hamsa) ».

La méthode

Selon les Yoga Sutra de Patañjali, la pratique du Prânâyâma réduit l’activité mentale, les mouvements émotionnels, et régule les activités organiques…… Et le pratiquant devient apte aux pratiques méditatives.
Chaque tradition de Yoga possède des styles de Prânâyâma spécifiques. Les Yoga Sutra exposent des principes de pratiques simples pouvant être combinés à l’infini.
Qu’il s’agisse des mouvements respiratoires ou/et de la circulation des Prāṇā, ces pratiques commencent par une observation, paridrsṭo, c’est à dire en premier temps la conscience (et la connaissance) des mouvements : les 3 temps de la respiration. Ils seront examinés dans leur localisation, deśa, c’est à dire le champ d’action de tel ou tel souffle, le rythme et les durées, kāla, déterminées en quantités d’instant et leur nombre, samkhyā, c’est à dire le temps de pratique.
Ces paramètres (localisation, durée, nombre) pourront alors être prolongés et rendus subtils : dīrgha : long dans le temps et dans l’espace, allonger, approfondir, allant loin, dilater ; sūkśmaḥ : subtil, exquis, doux, fin, aigu, précis

Les cours

Les cours de Prânâyâma sont surtout des espaces d’exploration personnelle.
La discipline du Prânâyâma est dépourvue d’ambition et dénuée de toute intention de performance. Juste gouter, écouter, sentir, palper les mouvements de la vie, et jouer…
Il est conseillé de se sentir capable de rester en assise (relativement) immobile, pendant au moins 1/4 h, avant de venir à cette pratique.
Nous commencerons par prendre un temps pour s’installer dans l’assise : l’essentiel est de permettre au corps d’être à l’aise, de conserver un léger dynamisme, et d’être disponible.
Puis l’attention sera orientée vers les mouvements profonds et subtils liés aux phases de la respiration dans les divers espaces corporels.
Quelques instructions simples sont proposées et ensuite chacun, avec souvent le support d’un mantra, pour s’exercer et s’ouvrir aux techniques mentionnées plus haut.
La combinaison de ces techniques nous emmènera vers des Prânâyâma classiques comme Nadi Sodhana, la respiration alternée, Kapalabhati, l’expire forcé, divers rythmes d’inspire, d’expire et de suspension….