Retour d’Inde

Salut les Yogis,
Voici un petit retour du voyage en Inde du 6 au 19 octobre 2019. Ce voyage était proposé en priorité aux pratiquants de Yin Yoga vu qu’un précédent voyage à Auroville avait été proposé en février 2019 aux Ashtangis.
Pratiquants d’ Ashtanga ou de Yin Yoga, j’espère que ce retour enthousiaste vous donnera envie de participer une prochaine fois à cette belle expérience de ‘séjour’ dans cet ashram agréable, très verdoyant et très tranquille à 2 minutes du Gange et à 1h de Rishikesh (?!) qu’est le Santosh Puri Ashram…

Nous sommes partis à 7 et avons passé 9 jours à l’ashram et ses rythmes, avec quelques après-midis à Rishikesh ou Haridware et 3 jours à Delhi avec ses visites à ne pas manquer comme le temple du Lotus, la mosquée Moti en marbre blanc, le Fort rouge ou la tombe de Humayun etc…….
Deux Indes côte à côte, l’une calme et tranquille rythmée par les chants mantras et méditations du matin et du soir, les repas pris en commun à même le sol, le karma yoga,  l’autre grouillante de monde, de klaxons, de tentations, toutes deux extrêmes dans leurs opposés,mais toutes deux hautes en couleurs et en joie.
Une expérience fascinante dans tous les cas, déterminante et parfois bouleversante pour certains !

Ci-dessous quelques photos (Michel, Fabienne, Karine, Jenny) et les  témoignages de Laurence et Brigitte.
Namaste
Jenny

Le problème n’est pas d’écrire ce compte-rendu mais plutôt d’opérer un arrêt, nouer cette matière temps et poser les mots adéquats : c’est difficile parce qu’ici le temps perle.
Je relie donc entre eux mes souvenirs d’Inde, sensations, fragments de pensées lâchés, destinés à voir, puis je les laisse m’habiter.
Dès Haridwar, puis ensuite à Varanasi où j’ai séjourné quelque temps, le temps qui avait quitté sa forme étriquée, segmentée, a constitué pour moi une nouvelle dimension tangible, ample forme souple, légère et complexe comme un épiderme, qui laisse encore un mois après notre retour son empreinte invisible, mais invisible et puissante comme l’air qui fait avancer les nuages dans le ciel.
Dans ce même temps, le temps cosmique a rejoint à mon insu le temps métabolique. À Santosh Puri Ashram, on se doit de respecter un cadre, loin cependant de toute éventuelle autorité tyrannique et c’est là que dans la bienveillance générale, on frôle le yoga, on tente l’air. L’introduire n’est rien comparé à le lancer dans les centres de lumière et les lotus emplis de nos pensées. On frôle le divin, on frôle le rien et les prières se transforment en mirage avec le soleil qui tous les jours finit par s’occulter et plonger dans le Gange et la vache qui, elle, crâne de trouver le centre du point et celui d’une sphère infinie d’existence. On pratique donc, on chante, on médite, on prie, on vit à l’ashram et pendant ce temps, quelque chose se passe en nous, ce n’est pas grave mais c’est fondamental. On rêve. On voit que les animaux ont des mines d’humains pacifiés et les hautes personnalités ressemblent à des vaches sacrées. Et pour ma part, se joue quelque chose d’inattendu : j’apprends à manger, à me nourrir plutôt. Complètement. C’est impensable, je n’avais rien à me reprocher à ce niveau-là. J’avais appris à m’attabler, à tenir ma fourchette, à cuisiner varié, pas trop épicé et à manger de tout. C’est fini. Assise au sol, mangeant avec la main, mon corps accueille le piment et les autres condiments, les céréales et les légumineuses, oublie le fromage et le café, la viande et le poisson, la bière et le vin rouge. Quelque chose de radical et doux se joue. Quelque chose de vital surtout. Ce n’est pas mon premier voyage en Inde pourtant.
Toujours au cours du séjour, les prières, les incantations, mantras à Shiva nous habitent. On idolâtre le soleil et la lune aussi. Dans le Gange, on ne se baigne pas mais on fait passer l’eau sur nos corps. Tous différemment. Namasté : je salue le divin qui est en toi. Je t’aime donc et je respire. En fait, tu es comme moi, on est tous en diamant, mais taillés différemment. Dans le semblable il y a une différence. Alors tout va bien.
On médite sur les pierres du Gange à côté de l’ashram et sans savoir si on est connectés a Shiva ou à toutes les divinités hindous, on peut tout de même sentir qu’on participe à quelque chose d’essentiel : si le monde bascule c’est qu’on doit basculer. La conscience, ça fait un bien fou.
On a pratiqué le yoga, vécu à l’ashram de Santosh Puri guidés par des hôtes éveillés pour en fait récolter nos propres fruits et apprendre notre propre étrangeté. Et quand on quitte la sérénité de l’ashram et qu’on replonge dans l’ultime indiscipline qu’est l’Inde où la misère est invincible et où on se mouche dans des sons de percolateur parce que l’air est complètement pourri, on reste encore témoin de notre cœur en dépit de l’état permanent de grouillerie totale. Ce que je ressens depuis, c’est que l’homme n’est pas dans le vif de lui, il est connecté à la grande action du destin plutôt qu’à lui-même. Il écoute une autre dimension : pas lui, pas l’extérieur, mais au-delà.
MA chère Jenny, grand merci !

Laurence

 

De ce voyage initiatique, je ressens un sentiment de profonde gratitude pour ce que je suis, pour ce que j’ai et dispose aujourd’hui. J’ai tendance à oublier que, pour bon nombre d’êtres sur terre, la vie est encore un vrai combat quotidien …
Se lever aux aurores n’est pas si difficile que je le pensais….j’ai aimé cette expérience en ashram, riche en enseignements.

Brigitte

 


 

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